SAMEDI 2 MAI 2026 A AUBE,
DIMANCHE 3 MAI A L’AIGLE
5ème dimanche de Pâques
1. Je suis le Chemin
Car nous ne sommes pas arrivés. La foi, notre religion, le fait d’être baptisés ne nous donne pas des recettes toutes faites qui nous ferait arriver immédiatement au but sans coup férir. Non, nous sommes sur un chemin, nous sommes en route.
Vous avez tous pratiqué comme moi la randonnée ;// ce qui fait le bonheur d’une randonnée, son intérêt, c’est le chemin qu’il y a à faire, c’est l’effort que cela implique, ce sont les surprises qu’il nous donne de vivre, un paysage inattendu, une rencontre amicale. Quand on part en randonnée, à moins d’une raison impérieuse, cela ne nous intéresse pas du tout d’arriver tout de suite.
Dans la vie chrétienne, nous sommes en chemin. Demain ne sera pas comme aujourd’hui, et aujourd’hui n’est pas comme hier.
2. La beauté de ce chemin de vie que nous avons commencé le jour de notre baptême, son avantage, c’est que nous sommes sûrs d’être sur la bonne voie. Pourquoi ? A cause de celui qui est devant nous, qui est Jésus. // Il est le guide, le passeur, le pasteur. Le guide, parce qu’il a pris avant nous ce chemin qui est celui de la vie humaine tout court, et il connaît à fond tous les dangers de cette route, les raccourcis qu’il ne faut surtout pas prendre, le chemin qui tout d’un coup nous semble plus facile, moins rocailleux, mais qui n’est qu’un leurre.
Il est le chemin. C’est-à-dire que ce chemin s’appelle Amour ; je prends ce chemin parce que je suis sûr d’y trouver compréhension, proximité, bienveillance, communion. // Mais ce chemin est aussi balisé par sa Croix ; je ne dois pas m’attendre à un seul chemin bordé de fleurs ; le précipice y est présent aussi, qui fait peur ; les cailloux qui blessent et tordent les chevilles. Mais ce n’est pas grave : je sais qui est devant moi, et qui a pris avant moi ce chemin pour me guider au terme de la route, qui est celui pour qui nous sommes venus au monde, pourquoi nous sommes sur terre, et qui est la rencontre prodigieuse avec celui qui nous a pris par la main, le Seigneur !
3. Je suis la Vérité
Nous savons bien nous-mêmes si nous avons un minimum de sagesse et de bon sens que nous ne sommes pas habités par la Vérité ; nous avons si souvent besoin d’habiller notre nudité, de cacher la réalité de notre être qui, s’il a incontestablement beaucoup de qualités que nous a données le Seigneur à la naissance, comporte aussi ces inévitables faiblesses dont nous redoutons qu’elles soient percées à jour par notre entourage.
Mais lui, Jésus, est la Vérité ; il n’y a qu’à parcourir l’Evangile : y a-t-il un semblant de passage de sa vie où il aurait caché quoi que ce soit ? Où il n’aurait pas dit « la vérité », cette vérité qui a fait tellement mal à entendre à ses adversaires que cela l’a conduit au supplice ?
Il est la Vérité, et à notre tour, dans notre foi, nous confessons cette vérité : Seigneur, tu es Celui que les prophètes avaient annoncé ; Seigneur, tu es vraiment le Fils du Dieu vivant ; Seigneur, tu viens vraiment du Père, et tu retournes au Père.
Il est la Vérité… et il ne nous cache pas cette vérité qui est celle d’admettre que si faibles que nous sommes, nous ne pouvons pas nous sauver par nous-mêmes, nous avons besoin d’un Sauveur, et ce sauveur, c’est lui Jésus.
La vérité aussi, même si ce terme est difficile à entendre, c’est que nous sommes pécheurs, et que ce pécheur a besoin de courir dans les bras du Père pour lui avouer son péché et recevoir de lui l’étreinte de l’amour et du pardon. // La vérité, ce qui est vrai, c’est qu’il n’y a pas de péché qui ne puisse être pardonné, et Jésus l’a prouvé sur la Croix où il a pris notre place.
4. Je suis la Vie
Car ce chemin, où nous faisons la vérité en nous-mêmes et avec le Seigneur, nous conduit à la Vie ! Nous savons bien que, dans un couple, le mensonge, s’il existe, est un poison mortel. Un couple survivra difficilement si le mensonge s’installe durablement. La beauté de notre relation avec le Seigneur, c’est qu’il n’y a pas de mensonge, tout est clair, tout est limpide, et cette limpidité de l’amour conduit à la vie.
Elle conduit à la Vie qui est celle d’une confiance restaurée, d’une dignité retrouvée. Quand, après une brouille, la relation est rétablie entre deux êtres, combien la Vie reprend, joyeuse et vive ! Oui Jésus est la Vie, parce que sa vie, sa mort, sa résurrection nous apprend que justement nous sommes faits pour la Vie, pour donner la Vie, pour faire front à la mort ! Il est la Vie parce qu’il a vaincu la mort, en la donnant, totalement, généreusement. Il est la Vie et il veut nous la transmettre, nous la donner, pour que nous sachions la donner à notre tour.
5. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie, demandons au Seigneur son Esprit dans la démarche qui est la nôtre et dans laquelle nous avons commencé à nous engager par le projet pastoral dont nous désirons qu’il ne soit pas seulement le nôtre, mais d’abord le sien, dans un désir de vérité sur les forces et les faiblesses de notre communauté, pour un surcroît de vie pour la communauté à laquelle nous appartenons. Amen !
P. Loïc