Père Loic Gicquel des Touches
Bonne année !
+ EPIPHANIE DU SEIGNEUR, 4 ET 5 JANVIER 2026
1. Les mages sont l’image des peuples autres que juifs qui se sont mis en route pour aller vers le Seigneur. Jésus est venu pour le monde entier, pour nous : Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile.
2. Ils ont suivi l’étoile, ils ont regardé vers le ciel. Cela signifie pour nous : ne pas s’attacher seulement aux choses de la terre, ce qui est un grand attrait pour nous, avec la multiplicité des tentations terrestres, en ne voulant ne compter que sur nous, il y a tellement de choses en effet qui veulent nous rattacher à la terre, au lieu de regarder vers le ciel, comme les mages…
Suivre l’étoile, regarder vers le ciel, cela veut dire : ne pas croire ceux qui nous disent que nous venons du néant et retournons au néant, ceux qui nous disent qu’il n’y a pas de Dieu. Regarder vers le ciel, c’est écouter la voix de notre conscience qui nous dit que nous ne sommes pas seuls sur la terre, et que nous avons été créés pour tendre vers le bien. Comme les mages, être attiré par l’infini et non par le caractère éphémère de toutes choses, être attiré par les étoiles et, au-delà des étoiles, par l’infini qui nous dit la présence d’un dieu créateur et bon.
Comme les mages ont bien fait, eux dont la tradition a fait des savants, savants parce qu’ils ont cru que sans un dieu créateur de toutes choses, la vie est vaine, la vie est rétrécie, la vie n’a pas de saveur parce que limitée à la terre. Comme ils ont bien fait d’avoir l’audace de partir !
3. Ils ont suivi l’étoile, ils sont partis. Partir, quitter un environnement familier, douillet peut-être, rassurant en tout cas. Les mages sont partis en ayant peut-être la tête dans les étoiles, mais aussi les pieds sur terre. Celui qui part à la recherche du Seigneur comme ils ont fait n’est pas un doux naïf, un rêveur. C’est à notre image. Nous aussi, tout au long de notre vie, nous sommes partis à la recherche de Dieu, car nous savons que nous l’atteindrons vraiment qu’au grand moment de notre ultime passage, à la mort. L’étoile nous précède, c’est celle de la foi qui est née en nous suite peut-être à un événement particulier, ou tout simplement parce que nous avons en nous depuis longtemps ce sourd appel à prendre le départ pour aller vers lui. Et pourtant nous savons bien que cela ne nous dispense pas des difficultés de la route, nous sommes comme tout le monde quand nous vivons telle ou telle difficile épreuve, quelle qu’elle soit. Ainsi en va l’étoile des mages : scintillante par moments, absente, disparue à d’autres moments. Et là, il faut bien composer, il faut bien inventer. Comme pour les mages, que nous ayons alors recours à la Parole de Dieu : ils se font ouvrir l’Ecriture à Jérusalem, et là l’Ecriture leur dit où aller, à Bethléem.
3. Qu’il est beau ce chemin des mages, image de toutes nos routes vers le Seigneur, parfois facile, parfois laborieux ! C’est notre chemin, car nous aussi nous sommes en route, une route qui ultimement va vers le moment de notre face à face vers le Seigneur.
4. Mais attention ! Ne nous trompons pas de direction : c’est vers un petit enfant présenté par sa mère que les mages se dirigent, et non vers un palais scintillant au soleil de ses marbres éclatants. Ainsi l’Epiphanie nous apprend le secret des secrets : si tu veux être parfait, imite la sainte famille, imite l’enfant de la crèche : à l’image de cet amour qui est au centre de la famille de Jésus, cultive, développe en toi et avec les autres la bienveillance, le pardon, l’amour. A l’image de cet enfant présenté aux mages, ne sois pas compliqué, développe en toi la simplicité, l’humilité, le partage, ce seront les meilleurs cadeaux que tu pourras lui présenter.
Amen !