1er mars

Père Loic Gicquel des Touches

SAMEDI 28 FEVRIER 2026 A ECHAUFFOUR

2ème dimanche de Carême (A)

1. Jésus fait monter Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne pour 

mieux voir. Là-haut, la vue est tellement magnifique, ceux qui sont en 

montagne en ce moment, avec plein de neige et de soleil, le savent bien !

2. Il les fait s’extraire de la vallée, c’est-à-dire de ce qui nous semble 

compliqué à vivre tous les jours, la boue qui colle à nos pieds, qui nous 

empêche justement de marcher pour nous élever. Et là-haut, il leur 

montre, l’espace de quelques heures, qui il est réellement, lui Jésus, au delà de toutes les apparences.

3. Les apparences : un homme comme tout le monde, de chair et de sang. 

Un homme habité par ce don extraordinaire de susciter la sympathie, 

l’attachement. On a envie de le suivre, on a envie de se battre avec lui. 

Mais un homme aussi habité par un tel souci de vérité et de franchise que 

cela lui amène beaucoup d’ennemis, et pas des moindres. // Un homme 

fatigué par la route, qui s’assoit sur la margelle d’un puits ; un homme qui 

se donne physiquement tellement qu’il s’endort profondément au fond 

de la barque alors que la tempête gronde autour du bateau. /

Certes, il y a les signes, les miracles qu’il a accomplis, l’eau qui est 

devenue du vin, l’infirme qui s’est remis debout, l’aveugle qui voit… Mais 

Jésus a fait tout cela avec tant de naturel, comme une chose tout à fait 

normale, que finalement on y prête pas tant d’attention et la vie reprend

son cours…

4. Sur la haute montagne, sur le Tabor, les disciples médusés découvrent 

un autre Jésus, qui s’impose à eux, qu’ils n’auraient jamais soupçonné : les 

figures habituelles de Jésus ont complètement disparu ; son visage 

devient brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la 

lumière./ Il y a aussi l’apparition de Moise et d’Elie, et la voix dans la nuée 

lumineuse : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie, le cri 

d’amour qui s’échappe du cœur du Père de Jésus.

5. Les disciples abasourdis, découvrent, réalisent, que ce Jésus qu’ils 

croient connaître, qui adoptent même avec lui parfois un ton un peu 

protecteur –Mais Jésus, qu’est-ce que tu dis ? Tu n’y penses pas !!, n’est 

pas du tout celui qu’il croyait. Il est bien plus que ce qu’ils imaginaient ; ils 

sont loin de tout comprendre, il faudra attendre la résurrection et la 

Pentecôte pour mettre tout cela par écrit et commencer à interpréter 

tout cela, mais tout d’un coup, ils sont mis face au profond mystère de 

Celui qu’ils suivent depuis de longs mois en croyant le connaître. Il est au delà des contingences terrestres,/ il est lui, fils de Joseph et de Marie, / 

mais son identité ne l’enferme pas dans cette simple filiation terrestre.

6. En plein carême, cette scène nous invite à la foi, à aller au-delà des 

expériences de la vie les plus négatives, les plus décourageantes, au-delà 

de nos épreuves qui nous entravent au sol. Parfois, peut-être souvent, le 

Seigneur nous apparaît loin, inerte, impuissant devant tant de misère qui 

accable notre monde, les hommes et les femmes qui l’habitent, devant 

tout ce qui abîme notre planète et notre rapport les uns aux autres,/ et 

pourtant il ne cesse d’être le Seigneur transfiguré, qui domine ciel et 

terre, et nos pitoyables crises d’orgueil, comme si nous avions cette 

capacité de tout régenter qui n’appartient qu’à lui seul.

7. La transfiguration nous enseigne plus dans la foi : Qui pourra nous 

séparer de la puissance du Christ ? Comme le dit saint Paul (Rm 8,35) : La 

détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le 

danger ? le glaive ? En tout cela ajoute-t-il, nous sommes les grands 

vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. Car désormais (commentaire de La 

Croix), « il y a de la grâce dans le visible », dans ce qui est apparent. Depuis 

la transfiguration, notre monde apparent est visité par la grâce, c’est-àdire par la victoire annoncée, la victoire en marche de la miséricorde sur 

le mal. 

8. C’est vrai : quand je regarde cette terre, quand je regarde le mal qui s’y 

fait… et quand je regarde même ma propre vie qui n’est pas exempte de 

fautes et de défaillances, je n’y vois pas la bonté, je n’y vois pas l’amour… 

« Dieu a-t-il déserté le monde ? » Mais non ! Le récit de la transfiguration 

m’apprend la force de l’éblouissement de la lumière qui irradie le corps 

humain de Jésus, la force « atomique » de la parole d’amour qui vient de 

la nuée elle aussi lumineuse, qui vient du Père des cieux, ce récit 

m’apprend que celui qui est souvent défiguré par le péché des hommes, 

qui bientôt va porter la croix sous les insultes et les crachats, est en même 

temps le Transfiguré, le Saint par excellence, qui par sa mort va donner la 

Vie, et la vie éternelle. 

9. Un dernier petit mot pour nous inviter à vivre la transfiguration dans 

nos actes quotidiens : apprenons à voir dans ceux que la nature n’a pas 

gâté, physiquement, mentalement, non pas en eux ce qui les rend moches 

et défigurés, mais des êtres tellement capables de beauté, de bonté, de 

générosité, plus que nous, dans leur cœur, dans leur façon d’être. Amen !