15 ème dimanche du temps ordinaire (A)
Saint Nicolas de Sommaire et L’Aigle
1. La création tout entière gémit… Comme cette parole de saint Paul dans la 2 ème lecture peut retentir en nous chers amis en ces temps où la création, mais aussi nous-mêmes, sans distinction d’origine, d’âge, decouleurs…, gémit sous l’effet de la canicule… Et, si nous avons la chance
de pouvoir supporter tant bien que mal cette chaleur parce que nous pouvons aérer suffisamment notre maison ou notre appartement, la possibilité de rejoindre régulièrement un coin de fraîcheur relative, ou bien encore de passer une nuit relativement fraîche qui va nous redonner
des forces… // combien nous prenons dans notre prière ceux pour qui cette chaleur est insupportable parce qu’ils habitent des mansardes, parce que leur maison n’est absolument pas isolée, parce qu’ils travaillent en plein soleil, je pense aux agriculteurs en pleine moisson, ou à ceux qui
travaillent sur les toits ou sur les routes.
2. La création tout entière gémit, mais ce ne sont pas seulement les humains, c’est la nature elle-même qui souffre terriblement, on voit les feuilles des maïs se recroqueviller douloureusement, les arbres souffrir, les fleurs se faner très vite, les cours d’eau s’assécher dangereusement…
sans parler de cette catastrophe que sont les incendies de forêt chez nous en France, mais aussi dans toute l’Europe et particulièrement en Espagne avec ce dramatique incendie en Andalousie.
3. Tout cela est angoissant, mais cela ne donne-t-il pas un relief supplémentaire aux mises en garde solennelles et successives des différents papes de l’Eglise catholique à quoi il faudrait aussi ajouter celles conjointes du chef de l’église orthodoxe, le patriarche de Constantinople ?
On peut dire ainsi que le pape François, qui a pris son nom justement de saint François d’Assise, dont on connaît la si belle complicité qu’il avait avec les oiseaux, les fleurs…, la nature enfin avec son magnifique cantique de la création, le pape François a mis tout son pontificat sous le signe de
l’encyclique qui justement est un hymne à la beauté de la création… et un plaidoyer pour sa sauvegarde, Laudato Si.
3. Ainsi, au lieu de considérer la création, comme une vulgaire marchandise qu’on va exploiter sans vergogne, creuser, gratter, fouiller comme on le voit sur les photos des gigantesques exploitations minières en Afrique et sous d’autres continents, les papes nous habituent à voir la création comme une créature vivante qui crie sous les coups des hommes qui l’exploitent // pour plus de rentabilité, pour plus de revenus, pour plus d’argent. Et une créature pas seulement vivante, mais aussi sacrée.
4. Et c’est là où le bât blesse et risque de faire mal. Parce que les hommes, dans leur inconscience et leur légèreté, dans leur appât du gain aussi, dans le désir aussi d’une vie plus facile à moindre frais, n’ont pas considéré avec assez de perspicacité, que la nature n’est pas comme une objet que l’on peut à loisir découper, entailler, manger, consommer. La nature est un don de Dieu. Les arbres, les oiseaux, les animaux ; la mer, la terre, les étoiles nous ont été donnés par Dieu, pour, comme dit la bible dans le livre de la Genèse, pour les garder. Sous-entendu : pour les respecter, pour les traiter comme des objets vivants. La création est un être vivant.
5. Quand je reçois un cadeau, c’est signe d’amour, et quel cadeau est la terre avec ses merveilles dont j’espère que vous pourrez, hors canicule, cet été, en découvrir ou redécouvrir beaucoup ! Le cadeau de la terre et de ses merveilles me fait alors me tourner avec gratitude vers le créateur, l’auteur de toutes choses. Mais aussi, quand je reçois un cadeau, je lui prodigue plein de marques d’attention et de respect pour ne pas l’abîmer.
6. Il en va ainsi de même avec la création. D’où toutes les mises en garde de tous nos papes.
Comment traitons-nous la terre, cadeau de Dieu et aujourd’hui, pour reprendre notre question du début, ne gémit-elle pas sous les coups de ses agresseurs, parce que justement elle est traitée comme un simple objet de consommation ? La terre « crie » disait le pape François, et ces cris sont comme des cris de douleur…
7. Il est donc urgent, car il est bien tard pour le faire, de revenir aux préconisations solennelles faites au cours des différents sommets sur le climat, en particulier le fameux « Accord de Paris » en 2015, qui devait limiter le réchauffement climatique à 1,5° d’ici la fin du siècle, mais d’où s’est retiré avec force démonstration médiatique le président Trump qui l’a balayé d’un revers de manche. Il est urgent, comme nous le rappellent tous les climatologues sérieux, d’arrêter de marcher sur la tête. Cela
voudra dire sans doute beaucoup de sacrifices auxquels nous devons nous attendre.
8. Les douleurs d’un enfantement dont parle encore saint Paul, c’est encore cela. Vivre, ensemble, je dis bien ensemble, c’est-à-dire pas d’un côté les pays riches, et loin derrière, ceux dont le niveau de vie est dramatiquement bas, et sous des contraintes climatiques supportables, cela veut dire, à un niveau très élevé de concertation, prendre des mesures sans doute très contraignantes / pour que le climat soit supportable, pour que l’eau puisse être aussi disponible pour tous. Bien des fois, il faut du temps, beaucoup de temps pour arriver à un consensus. Il faut vraiment prier l’Esprit-Saint pour qu’il mette au cœur de nos dirigeants mais aussi de nous tous, cette volonté d’arriver à un accord concret, durable, avec garantie de résultats pour sauver, protéger, garder notre planète que les hommes ont reçu comme mission de garder et de protéger. Ainsi pourra-t-elle, et je reprends encore les termes de saint Paul dans la deuxième lecture, garder l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation. Amen !
Loïc GdT