lDIMANCHE 14 JUIN 2026 A SAINTE GAUBURGE, 11ème dimanche T.O.

Baptême de Martin

 

1. La moisson est abondante : mais oui !, parce que si nombreux sont petits et grands, hommes et femmes, de n’importe quel continent, qui cherchent leur voie, qui désirent trouver réponse à leurs questions, ne serait-ce que celle-ci : ne sommes-nous venus sur la terre que par hasard ?

Nombreux sont ceux qui aspirent à connaître Dieu et qui ne trouvent personne pour le leur indiquer.

Nombreux ceux et celles qui cherchent un sens à leur vie, qui cherchent un sauveur et qui ne le trouvent pas.

La moisson est abondante en cette époque d’apparente richesse, où, apparemment on n’a pas besoin de Dieu, parce qu’il semble que l’homme a réponse à tout, répond à tout, en reculant sans cesse les limites du savoir. //

Au contraire, la moisson est de plus en plus abondante. De plus en plus on constate, chez les jeunes en particulier, une recherche du religieux en espérant que ce soit aussi une recherche spirituelle, celle d’un sauveur.

 

2. Nous devons alors nous en réjouir : quel agriculteur ne se réjouirait pas de cela ? Les hommes semblent repus, mais non il y a de l’insatisfaction, de la quête, une recherche du bonheur que beaucoup de nos contemporains ne trouvent pas.

 

3. Mais les ouvriers sont peu nombreux. Evidemment, on pense d’abord aux vocations sacerdotales et religieuses. Dans notre diocèse, les derniers prêtres ordonnés étaient PP. Pierrick et Mehdi, ordonnés il y six ans. Si nous avons un séminariste cette année, et s’il est ordonné au bout de six ans pour le diocèse, ce qui n’est pas sûr du tout, car il peut aussi aller dans une communauté religieuse ou un institut sacerdotal, cela ferait pour notre diocèse 12 ans sans l’ordination d’un seul prêtre ; pendant ce temps-là, chaque année des prêtres vont en Ehpad ou bien meurent, et on ne pourra pas remplacer les prêtres de chez nous, simplement en faisant venir plein de prêtres d’Afrique ; la solution doit aussi venir de chez nous, d’au milieu de nous… et pour l’instant ce n’est pas le cas.

// La même crise existe chez les diacres, le dernier diacre ordonné remonte à plusieurs années, et, s’il y en a d’autres, ce ne sera pas avant 2 ou 3 ans.

 

4. Les ouvriers sont peu nombreux parce que d’abord, il y a trop peu de croyants parmi ceux qui pourraient répondre, aujourd’hui, à un appel ! C’est d’abord pour cela qu’il faut prier : pour que nos contemporains ne cèdent pas à la tentation du matérialisme qui éloigne de Dieu et de son appel pressant à nous servir les uns les autres ; à la tentation toujours présente de l’illusion de croire qu’on n’a plus besoin de Dieu ; ceux qui se lancent dans cette voie s’exposent à de cruelles désillusions, et à un fort dégoût d’eux-mêmes, parce qu’ils ne croient plus à ces valeurs si grandes de la charité, de la gratuité, du service, de l’amour…

 

5. Serais-je capable de répondre à l’appel de Dieu ? pouvons-nous alors nous demander ? Consolons-nous en égrenant la liste de ceux que Jésus a appelés, justement pour aller comme ouvriers à sa moisson ; pas un n’émerge du lot en ayant compris tout de suite qui était vraiment Celui qi les a appelés ; en lisant l’évangile, nous voyons bien que c’étaient des hommes vraiment ordinaires, avec leurs qualités bien sûr, celles de l’enthousiasme, de l’envie de bien faire, mais aussi avec leurs limites, dont la plus grande fut de s’enfuir quand leur maître a été arrêté dans le jardin des Oliviers. // Mais après, cet enthousiasme aidé par la force de l’Esprit-Saint leur a permis de faire de grandes choses, jusqu’à aller évangéliser partout dans le monde connu alors.

 

6. C’est nous qu’il appelle ainsi, avec nos qualités et nos défauts ; il n’attend pas que nous soyons parfaits, parce qu’il sait bien que nous ne le sommes pas. Expulser les esprits impurs ? Guérir toute maladie et toute infirmité ? Sans doute pas, mais par notre foi indéracinable, notre certitude que Jésus, et lui seul, peut nous conduire à la joie véritable, à la paix véritable, avoir suffisamment « la pêche », avoir tout le talent qu’il faut pour chasser la tristesse ou la mélancolie, redonner la force que Dieu nous donne pour aller de l’avant.

 

7. C’est ce que nous demandons au Seigneur pour Martin, et d’ailleurs c’est déjà cela qu’il donne à ses parents, par son entrain, son sourire, sa joie de vivre. Que le Seigneur lui donne tout cela, pour sa vie entière, et que comme saint Martin, son saint patron, par son baptême, qu’il redonne la foi et la joie à ceux qui peinent sur le chemin. Amen ! 

 

P. Loïc