14ème dimanche du Temps Ordinaire

Samedi 4 juillet à saint Evroult ND du Bois

 

  1. Les lectures de ce jour vont dans la même direction ; dans la 1ère lecture, il s’agit de Celui qui doit venir, le Messie ; et dans l’Evangile, celui qui est là, Jésus : c’est la même description dans les 2 cas, le Messie, Jésus, il est humble, il est modeste, il ne cherche pas à s’imposer durement en faisant peser sa Loi.

 

2. Le prophète Zacharie dans la 1ère lecture imagine le roi messie, vainqueur de ses ennemis, avançant au milieu des ovations de son peuple et dont la monture prestigieuse, n’est qu’un âne. // Bien sûr cela renvoie au roi Salomon lors de son intronisation royale qui remonte du Cédron vers son palais royal monté sur un âne, mais alors il n’y avait pas encore de chevaux… / Environ 700 années plus tard, les armées sont largement pourvues de chevaux, et le cheval est devenu la monture des princes et des rois. Non, annonce le prophète dans une splendide vision, le roi d’Israël fendra la foule pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse. Plus de chars de guerre, ni de chevaux de combat, ajoute le prophète, brisé l’arc de guerre, ce roi installera la paix entre les nations.

 

3. Bien sûr, cette image forte d’un leader, d’un roi, d’un chef auréolé d’une victoire remportée, renvoie à une autre image tout aussi forte et qui lui fait écho, celle de Jésus, monté lui aussi sur un âne, le petit d’une ânesse, entrant dans Jérusalem, au jour des rameaux. C’est un contraste absolu avec les représentations que nous avons tous dans notre mémoire de tous les chefs de guerre, depuis toujours, entrant triomphants dans une ville conquise, ou dans leur capitale, caracolant sur de fiers chevaux.

 

4. Il n’en va pas du tout de même pour Jésus. Ce qu’il recherche, son rêve, ce n’est pas comme ce que nous voyons en ce moment, la domination, le pouvoir, la soumission, l’argent. Tout cela n’est pas du tout évangélique, et si l’évangile comme Parole de Dieu, nous montre vraiment le chemin à suivre, un modèle infaillible pour aller vers la paix des cœurs et entre les nations, alors nous pouvons affirmer sans crainte de nous tromper que, parmi les gouvernants de la planète, et non des moindres, ceux qui gouvernent ainsi vont droit au mur, et leur pays avec !

 

5. Parfois, les personnes que l’on admire sont tellement parfaites, en beauté, en intelligence, en finesse, qu’elles nous paraissent inaccessibles. Rien de tel avec Jésus, puisque justement il se fait si proche en venant à nous avec une simplicité désarmante. Il n’a pas érigé de mur entre lui et nous, il vient à nous sans fard et sans majesté propre à nous intimider. Les murs s’effacent justement, il est là et il s’assoit à côté de nous. Je suis doux et humble de cœur nous répète-t-il.

 

6. Il est vrai aussi, car il ne nous cache pas non plus que le chemin à prendre, celle tout simplement de la vie quotidienne avec son lot d’épreuves à traverser, aujourd’hui ce monde traversé par des violences de toutes sortes, chez nous et pas loin de chez nous, l’épreuve de la canicule aujourd’hui, ce chemin est long, difficile, risqué. Mais il nous dit alors : Prenez sur vous mon joug. Le joug, c’est cette pièce de bois que l’on mettait autrefois sur deux animaux pour tirer la charrue. Cela veut dire en image que Jésus est attelé aussi à ce joug, il est à côté de nous pour tirer la charrue de nos vies, nos vies parfois empêtrées dans la lourdeur de notre être de chair dont parle saint Paul dans la 2ème lecture. Il est à côté de nous, il tire, il porte, et comme cela doit nous sembler alors plus facile sachant qu’il est à côté de nous !

 

7. Ainsi les lectures de ce jour nous mettent face à deux réalités bien réconfortantes et que nous sommes invités à méditer encore et encore : notre Roi, notre Seigneur, notre Dieu n’est pas du tout intouchable et lointain, parce qu’il serait Roi, Seigneur, Dieu, à l’égal des rois, gouverneurs, présidents de notre planète : il s’est fait l’un de nous, doux et humble de cœur, l’ami par excellence. Et il se met à côté de nous pour porter la croix de nos vies, qui est aussi sa croix.

Mais cela suppose pour nous aussi d’avoir un cœur de pauvre pour l’accueillir, en nous mettant à son école. Car le mystère de Dieu ne se prend pas, mais il se reçoit par l’amour et l’humilité. Amen !

 

 

Loïc GdT